14.7.09

The Cougarettes: du 8bit complètement déjanté


Exit les Cougarettes pom-pom girls. Je vous parle du band. Vous connaissez? Non, sûrement pas..., moi-même ce nom ne me sonnait aucune cloche jusqu'à temps que je les vois en show à la S.A.T samedi soir. En fait, c'est à moitié vrai, je les avais déjà entendu sans le savoir. Ouais. Dans un épisode de nos chers Invincibles.

The Cougarettes c'est un band électro-visuel montréalais qui n'ont pas encore d'EP (ça viendra à la fin juillet), mais qui, selon moi, ont un avenir très très prometteur. Ce quatuor déménage avec des sons de bass pesantes, de consoles vidéos et d'effets vocaux futuristes.
Live c'est assez impressionnant!
Le seul problème avec ce band pour l'instant c'est qu'ils n'ont pas assez de tracks pour nous, pauvres débiles qui en voudraient encore plus dans les veines!

Vous en entendrez parler. Et méfiez-vous, il s'agit d'ouvrir vos oreilles pour que The Cougarettes s'emparent de vos pieds!!

Au Festival OFF de Québec avec Le Matos ce vendredi 17 juillet
À la Sala Rossa pour leur lancement le 23 juillet
Ou... découvrez leur musique avec myspace

26.2.09

Viruuuuuus

Eh ben ouais. Mon ordi est mourru. Comme dans mort mort mort.
Je croyais que j'allais être trisssss. Comme dans triste triste triste.

Mais non.

Je lis, je fais des mots croisés (qui a déjà essayé la Super Grille du dimanche?!) et je retrouve mes dictionnaires. C'est bon l'odeur du papier. Ç'a plus d'âme que des pixels.

Je réécrirai ici quand mon portable sera revenu de chez le ramancheur des temps modernes :))

D'ici là, portez-vous bien.

Au fait, pour ceux qui ne connaissaient pas encore ImprovEverywhere, voici ce dont ils sont capables de faire: "Frozen Grand Central".

5.2.09

Sang noir sur écran


Je n'ai pas peur des foules. Pas peur de sauter dans le vide. Ni de faire du pouce. Pas peur non plus des Hells, des Rock, des Rouges, des polices du Guatemala armés jusqu'aux dents. Non, vraiment, je n'ai pas peur de tout cela. Mais ce dont j'ai peur, c'est de la gratuité.
Peur du caractère random d'un acte violent.

Le 6 décembre 1989, j'aurais eu peur mais j'étais trop jeune. Vous savez, le jour ou Marc Lépine a décidé d'en finir avec les féministes. D'en finir avec sa vie aussi. La jour ou il y a eu 15 vies de perdues, gratuitement enlevées. Et dans un établissement d'enseignement: à la Polytechnique de Montréal. Un véritable carnage.
Vous vous rappelez peut-être mieux de Columbine (1999), W. R. Myers - Alberta (1999), Dawson (2006), Virginia Tech (2007)? Comment vous êtes-vous senti mes chers étudiants? Moi, ça m'a plongé dans la totale incompréhension. Et ça m'a foutu les jetons.

À ce sujet, je suis allée voir la première du film "Polytechnique" de Denis Villeneuve (Maëlstrom) au cinéma l'Impérial - qui est absolument magnifique soit dit en passant -. J'aimerais bien faire une critique détaillée de ce film, mais mon point de vue ne serait pas objectif parce que l'histoire s'est réellement déroulée et que c'est trop proche de moi pour que mes perspectives ne soient pas brouillées. Je ne ferai qu'un synopsis.

Les évènements sont racontés sous trois points de vue: celui du tireur -qu'on ne nommera jamais- (Maxim Gaudette), celui d'une étudiante survivante à jamais marquée par la violence de cette tuerie (Karine Vanasse) et celui d'un étudiant qui tenta d'aider les victimes lors de la tuerie (Sébastien Huberdeau). Le directeur photo, Pierre Gill (Eldorado, Maurice Richard), a su rester sobre en choisissant de présenter le film en noir et blanc. Idem au niveau de la musique: Benoît Charest (Triplettes de Belleville) a opté pour une ambiance austère et respecteuse. On a aussi économisé sur le texte du scénario.
Peut-être que plutôt qu'expliquer, on voulait exorciser les évènements tragiques. Point.

Pour ceux qui n'ont pas aimé Elephant de Gus Van Sant, ne vous inquiétez pas, même si c'est au sujet d'une tuerie, Polytechnique trouve sa propre voix pour parler de ces évènements tragiques. Ce n'est pas un ersatz de quoi que ce soit. Dieu merci.

En salles à partir de demain.

4.2.09

Ça veut dire être très fatigué, non?

Pierre Labordes, député du parti de Sarko, a souhaité la bienvenue à Jean Charest au Sénat français ainsi:

- J'espère que vous n'avez pas trop la plotte à terre!

Charest n'avait pas l'air d'avoir la mine déconfite suite a cet accueil, il a dit n'avoir pas compris, qu'en France, ça ne devait pas avoir la même signification.

Comme le mot "con".

29.1.09

2. Porte-Folio

Je n'ai pas titré mes photos. Mais j'aurais peut-être du.

Je me sentais assez post-moderne (déformation universitaire) et l'ajout d'un titre à mes photos allait suggérer une suite dans mes idées. Or, j'ai pensé: à mort la linéarité et les conclusions fallacieuses qu'on puisse en tirer! Mon idée était plutôt qu'il y ait un contraste entre les différentes photographies. Qu'on les isole les unes des autres pour les considérer hors de tout ensemble. Comme si on regardait une pièce de casse-tête sans se soucier de l'image dont elle provient.

Il me fallait effacer le temps et l'espace. Évoquer l'hiver sans les saisons. Avoir les deux pieds dans les sables mouvants du présent et se dissocier du passé bétonné.
Devenir la Warhol de la photo.

Je n'ai pas titré mes photos. Mais j'aurais peut-être du finalement.

La veille de ma remise, j'ai décidé de les mettre en ordre chronologique et ça a tout bousillé mon projet postmoderne.

Je sais, c'est nul.

Je hais aussi la linéarité parce qu'on y revient toujours. C'est la dictatrice du chaos.

*

Il y a 31 photos dans mon porte-folio, mais le hasard m'impose constamment les mêmes lorsque je l'examine. Allez savoir pourquoi.

Freud aurait pu m'aider. Mais, oh, snif!, ce père de la psychanalyse est mort. Dommage. Je suppose que cela restera dans le domaine de l'énigme alors.


16 juillet

Photo d'un groupe de jeunes, jeans et tee-shirts noirs, sur le parvis de l'Église Sainte-Julie. Il fait un soleil éclatant mais il manque un rayon important: celui de l'amie, l'amante, la soeur, la Marie-Claude Forest que tout le monde pleure. La mère, seule à côté du groupe, essuie une larme, gantée de noir.

23 août

Sur les tuiles noires et blanches de ma cuisine, en vision micro, une souris. Sur ces tuiles sont placées des pièces d'échec avec pour roi une trappe. Du Rochefort comme appât n'était peut-être pas la meilleure idée: la souris s'est enfuie. Avec un cheval entre les incisives... en faisant des L jusqu'à sa cachette.

9 septembre

Prise de vue à partir du restau-lounge le Laïka sur Saint-Laurent. On ne voit pas l'autre côté de la rue: trop de camions, de poussière de roche, de pelles, de passants qui lèvent les mains, l'air de pèter une coche. En mouvement, à droite, un courrier à vélo tente de se frayer un chemin à travers des cols bleus, pas vraiment bleus d'ailleurs, mais plutôt oranges à cause des casques oranges et bruns à cause des chemises brunes. Contrairement au SA qui ont pris d'assaut l'Allemagne, nos cols bleus en chemises brunes se limitent à assaillir la...Main. Fiou.

19 septembre

Punta Cana, pina colada et "ayayaye, j'en ai trop bu par-là". Merde, je me demande vraiment pourquoi j'ai inséré celle-là dans mon porte-folio. Reste que les couleurs sont magnifiques. Bleu pour la mer, jaune pour l'ananas et rouge pour le coucher de soleil sur le visage de mon beau-frère.

23 septembre

Aéroport Dorval. Les valises lourdes se mêlent au ciel lourd lui aussi. La pigmentation des guichets et passerelles, restaurants et hôtesses, a disparu. Il n'y a le gris qui puisse s'imposer. Le gris uniforme du transit. Et, malgré les énormes horloges fixées aux murs, tout semble immobile. On a fait que suspendre le temps.

11 novembre

Photo à faire paraître dans les faits divers ou en première page (dépendamment si Charest fait une bourde ou pas): un ancien combattant de guerre gagne à la Lotto. Sous un décor de bleu et de blanc, à l'image de Loto-Québec, Bertrand Goulet exhibe son billet. Son rêve? Une chaise masseuse avec option latex, menottes et fouet. C'est pas parce qu'on est vieux et blessé qu'on peut pas être con.


25.1.09

1. Palpitations

Il est sept heures du matin et mes yeux sont semblables à ceux du chat botté de Shrek ou d'un junkie de la rue Frontenac. Énormes avec les pupilles qui prennent toute la place de l'iris. On pourrait dire que je n'ai pas dormi de la nuit, mais ce serait mentir puisque j'ai accumulé une belle heure de sommeil (composée en petits fragments de dix-quinze minutes)! De dire que je suis reposée et sereine serait également du baratin: mon inaptitude culinaire due au stress me donne une petite envie de dire caliss. J'ai brûlé mes oeufs, mon bacon est aussi croustillant qu'une barre de fer et mes patates goûtent le congélateur. Pas que je suis pessimiste mais j'ai une appréhension pour ce qui est de la suite des choses...

C'est qu'aujourd'hui j'attends un appel. J'ai passé une entrevue mardi dernier pour un poste de photographe au journal La Presse. Ouais, je n'ai pas étudié en art visuels pour rien. J'aime capter mon environnement à son insu. Photographier les failles. Saisir la vulnérabilité. Jouer avec les perspectives.

En plus, ce métier a des privilèges non négligeables. On nous installe toujours à l'avant. Dans l'ombre. Pour photographier pleurs, peurs, sourires et rires jaunes. L'exclusivité quoi. En prime, nous, photographes, sommes au fait que le rappeur Snoop Doggy Dog porte le parfum Adidas. Que Marie-Jo Thério boit de la St-Ambroise noire. Que le garde du corps de Fabienne Larouche est le même que celui de Marie Laberge. Que Gilles Duceppe fait de la rosacée et que Michèle Richard a une aversion pour ses fossettes.
Enlevant, vraiment.
Je ne sais plus si c'est tout à fait mon rêve de faire ce métier, mais c'est tout de même la curiosité qui m'a poussé à appliquer...
Mon porte-folio m'a pris des heures et plusieurs café-Chomedy à faire. Des nuits à trembler sous l'excès de la caféine et de l'alcool. Des nuits à me dire que la terre entière était de la grosse marde. Que mes photos ne voulaient rien dire. Qu'il n'y avait rien derrière qui puisse être du domaine de la béatitude ou du malheur. Qu'un gosse de 5 ans aurait pu faire mieux avec un Polaroïd, que ma grand-mère ou son chien auraient été meilleurs!

Ma routine n'était d'aucune originalité; elle consistait à bosser, dormir, manger, boire, procrastiner. Et l'ordre pouvaient varier en fonction des périodes de ma journée.

Dans ma chambre noire ou sur mon portable, je ne réussissais qu'à travailler la nuit; loin du raffut diurne. Le matin, je tentais de dormir un peu et ça me prenait l'après-midi complet pour me botter le cul. Je regardais par la fenêtre, essayais de m'imaginer le temps qu'il faisait en regardant le vent dans les arbres, la couleur du ciel, la démarche des passants. Puis, j'allais faire bouillir de l'eau dans une casserole. Face à la cuisinière, j'attendais que les petits bouillons émergent à la surface. Une fois bouillante, je versais cette eau dans une cafetière Bottom et j'attendais encore. On m'a dit 5 minutes à la brûlerie St-Denis. Alors 5 minutes à fixer les grains de café qui s'agglutinent ensemble. Et finalement pousser tranquillement la tige avant de verser ce nectar dans une vétuste tasse du Village des Valeurs.
Rose pâle avec des petites fleurs. Le Chomedy ou le Brandy accompagnait mon café plus tard, après 9 heures ou 10. Lorsque je voulais enfin mettre la main à la pâte, une envie de me faire un autre café me venait à l'esprit. Et je pouvais passer l'après-midi comme ça.
À attendre et à boire.

Arrivées les 6 heures, un vent de panique -sorte de déclic- me dominait soudainement. Fallait m'y mettre. J'entrais alors dans ma chambre noire avec mes écouteurs, au son progressif de Thom Yorke ou Richie Hawtin, espérant que les notes de musique me donneraient le coup de pouce nécessaire.

Mais souvent j'étais énervée: je déchirais mes photos, lançais mes négatifs sur les murs, donnais des coups de poing sur mon Mac. De ma bouche défilaient les « Bordel! » , « Cochonnerie! », « Rien ne marche! ». À ces moments, la seule solution était de me traîner jusqu'à la cuisine pour casser la croûte avec des huitres en conserve que j'écrasais sur un craquelin au fromage. Et bien sûr, je me faisais un autre café.

Une éternelle question me taraudait: pourquoi ne pas vouloir devenir cassière de dépanneur? Pourquoi vouloir retoucher si longtemps des images quand on peut seulement remettre de la monnaie à un client et le saluer machinalement? Ou je ne sais pas moi, eh, gardienne de parc la nuit? J'aurais pu regarder la lune et le soleil se lever! Vraiment, c'est à n'y rien comprendre que de désirer harmoniser les couleurs, ajuster les ombres et mettre en relief les petits détails d'une photo rien que pour faire beau. Beau pour qui à part de ça? Et photographe pour un média, c'est vraiment mon désir absolu? Merde, ça m'a pris quinze jours pour faire quelque chose qui ressemble à un porte-folio!

Et je n'ai pas eu assez de temps ou pas assez de talent pour faire mieux. La date limite pour les demandes d'emploi était vendredi passé et je l'ai remis le jour même, à 15h30, dans les mains de la réceptionniste-petite-craque-grosses-cuisses-. Je n'ai même pas pu aller fêter cette remise parce que j'étais aussi épuisée qu'un hamster qui vient de spinner la nuit dans sa roue.

Le lundi suivant, je me suis réveillée par l'appel d'Isabelle Beauchamp des ressources huamines pour une convocation à une entrevue le lendemain, soit mardi. Je ne pensais pas pouvoir me rendre à cet entretien. J'avais dormi toute la fin de semaine mais on aurait dit qu'il me fallait dormir six mois de plus. J'aurais voulu me transformer en ours. Attendre. Cachée dans la neige.

Je me suis tout de même présentée mardi. Jupe noire aux genoux, chandail molletonné bleu métallique jusqu'au cou et stress palpable si on me fixait les poignets. Arrivée dans le bureau, Mme Beauchamp et un autre homme qui prenait des notes pour elle, ont survolé mon porte-folio et m'ont expliqué le fonctionnement de la boîte après une visite guidée élaborée. Tout y est passé: la salle de nouvelles, les locaux de la technique, les studios d'enregistrement, etc. J'ai même pu visiter les toilettes du deuxième étage parce qu'il fallait que je me vomisse les tripes. Trop stressée.

J'ai terminé l'entrevue blême comme un fantôme et tremblante comme si je m'étais développé un Parkinson pendant notre rencontre. Mme Beauchamp m'a salué en élevant dans les airs mon porte-folio en guise de « je regarde ça attentivement et je te donne des nouvelles plus tard » puis son assistant m'a serré la main. Mon porte-folio doit être soumis au comité d'évaluation et ils me donneront des nouvelles vendredi, que ce soit positif ou négatif.

Nous sommes vendredi.

Tous mes symptômes d'entrevue sont revenus. Je ne tiens pas debout, je renverse du café partout.

Sept heures et demie maintenant.

Les bureaux ouvriront bientôt et ils m'appelleront que je le veuille ou non. Au secours. J'ai l'estomac, la rate, le foie, mes entrailles en entier dans la bouche! Et si je bois un autre café, je crois que je vais me liquéfier sur le plancher sans savoir si j'aurais eu le job ou non. Quelle perte. Ok, non. Je n'ai pas tout fait ça pour rien. Ok. Calme. On respire par le nez. Restons en vie. Ok. Pour la centième fois, je vais regarder mon porte-folio en me demandant bien si ça intéressera le comité d'évaluation.

Inspiration-Expiration.

Regarde ça d'un oeil extérieur. Déconnecte. Mets la switch de l'auto-critique à off. Fume un joint, tiens.

14.1.09

Cautionné/Condamné II


Cautionné

1. L'igloofest.
Danser en plein hiver sous une petite neige et le meilleur électro? Définitivement plus orgasmique que les fraises et le chocolat réunis. Ça commence en fin de semaine. J'y serai vendredi prochain (à soir, fait trop frette!) et je vous en redonne des nouvelles, promis.

2. La psychologie masculine dans la série télé Minuit le soir.
Rien ne se dit, tout est contenu entre les lignes; on se croirait dans une pièce de Ionesco! Les personnages sont tordus et vraiment attachants (malgré leur incapacité ponctuelle à se parler "des vraies affaires"!). Je lève mon chapeau au scénariste Pierre-Yves Bernard.

3. Le rap festif d'Accrophone.
Les deux rappeurs de Québec (Claude et Emmanuel) n'ont qu'un album à leur actif « Duo de balcon » mais quel merveilleux album! Bien écrit, musical, achevé; bref, l'équilibre est parfait. Les petits rifs de guitare sont délicieux, les scratchs de turntables bien dosés et l'utilisation du snair donne un côté duveteux à la musique. Et les paroles? Bah, c'est du rap alors c'est sur des thèmes qu'on connaît du rap: la ville, l'attachement à la terre natale, l'enfance, l'amour, le futur, le combat et l'écriture. Z'ont réussi à faire quelque chose de plutôt senti sans être trop cheezy.
Leur prochain album est pour le printemps et j'ai sérieusement hâte de voir ce qu'ils nous réservent. À voir aussi si vous aimez: Boogat.
4. Zen le pouvoir des fleurs (sur Mont-Royal)
Coup de coeur pour leurs arrangements floraux si originaux. En plus les employés sont sympas, décontractés, flexibles et salement créatifs! Tellement "Plateau" mais tellement esthétique!

Condamné

1. Les rumeurs concernant Carey Price et Georges Laraque.
Alors que ce premier a des problèmes de chevilles, on lui colle une désintox sur le dos! Et Laraque ne feint pas d'être blessé, des douleurs au dos l'empêchent de patiner. C'est quoi ces histoires de merde, les médias ont vraiment du temps à perdre...

2. L'horoscope de jeudi dernier dans la presse:
« En ce samedi de pleine lune, vous aurez des difficultés à prendre des décisions raisonnées, essayez de vous poser les bonnes questions avant d'agir ». Effectivement, j'ai été mêlée toute la journée: « on est-tu jeudi ou samedi? » et je ne savais pas si je devais aller porter mes poubelles au chemin...

3. Les « chockeux ».
Ceux pour qui c'est maladif. On est pu capable. Il y a deux mots qui peuvent être utilisés lorsque nous ne sommes pas sûr et c'est « peut-être ». Comme ça, personne n'est déçu et celui qui se désiste ne se sent pas cheap. À proscrire si on vous demande si votre nom est bien Monsieur/Madame Untel. Ça peut paraître bizarre et un peu psychotique.

4. Les bananes et les avocats à l'épicerie.
Ça ne mûrit jamais sur les étalages ou quoi?

À classer: Les amis qui se tirent aux quatres coins de la planète.
On est heureux pour vous mais on s'ennuie terriblement aussi... Bonne route ma Rose et ma p'tite Émilie!

On repart la machine

Coucou!

Pour ceux qui se sont demandé « quossé qui se passe avec elle? » parce que ça fait un bail que je n'ai pas donné de nouvelles ici et bien sachez que mon ordi a éprouvé plusieurs difficultés et que mon p'tit coeur aussi en ce début janvier. So, eh, je suis à la recherche de nouveaux stimulis! Feedez-moi en beat, en sorties, en niaiseries, j'en serai la plus heureuse! En plus, ça me fera des thèmes pour écrire... Et puis tant qu'à y être, si y'a du monde willing pour n'importe quel sport d'hiver (patin, ski, snow, ski de fond, raquette, crazy carpet!), appelez-moi, je serai plus que ravie de vous avoir avec moi pour aller dévaler les pentes, se perdre dans le bois ou bien rire en se passant une poque...!
Et on est si beaux avec les joues rouges autour d'un chocolat chaud :)

P.s. Je vous reviens avec un feuilleton ou eh... une sorte de roman de gare. Je ne sais pas encore ou ça mènera. Peut-être vers les galaxies. Peut-être nulle part. Anyway, fuck la complétude: vive les dents croches et les pages manquantes. Ici, l'idée est de vous divertir minimalement et de pousser la crap qui encrasse mon crayon. Pour la suite des choses, on verra.

15.12.08

Calée mais heureuse au fond d'une piscine

Pour ceux qui ne le savaient pas encore (ça m'étonnerai étant donné ma grand'yeule), j'ai une nouvelle dépendance qui m'anime et me fait perdre mon temps dans la joie et l'allégresse: le hôôôôôckey!

Ayant suivi le parcours des Habs religieusement (et avec engouement!) l'année dernière, je me suis dit que je pourrais participer à un pool de hockey cette année. Un ex-collègue et fellow de poker m'a invité chez lui, un soir d'octobre, afin que je puisse choisir des beaux joueurs en ayant préalablement allongé 20$ sur la table. Le seul hic était que, même si je connaissais les joueurs des Canadiens par coeur ainsi que les joueurs dangeureux que nous avions affrontés en séries(je pense à Savard ou Kessel des Bruins ou bien Mike Richards des Flyers et ce fucking Brière que les montréalais aiment tant huer), je ne connaissais pas la ligue nationale de hockey pour autant. Nous devions choisir 6 attaquants, 3 défenseurs, un gardien et une équipe et j'ai choisi à peu près n'importe quoi.

Logiquement, ce sont les attaquants qui font le plus de points, il faut donc les sélectionner d'abord puisqu'on doit choisir un joueur à tour de rôle et que les meilleurs partent assez vite merci. N'ayant aucune stratégie, j'ai choisi Niedermayer en deuxième (un défenseur des Ducks que j'avais remarqué pendant la saison... pour son nom!) ainsi que A.Kostitsyn en 4e pour ses origines biélorusses.

J'ai mangé un paquet de mini-carottes en choisissant mes joueurs.
Ça ne m'a pas donné plus de vision: je suis 9e sur 9.
Et ce, depuis le début.

Mon meilleur choix fût Joe Thornton des Sharks, un autre choix au hasard. Il sait accumuler des points mais pas autant que cette saleté de Crosby. Mais vous savez, même étant dans les abysses de ce pool, je m'amuse comme une petite folle. La section des sports est celle que je lis en premier même si Réjean Tremblay dit des conneries à la Lance et Compte et que François Gagnon n'a aucun vocabulaire... Je navigue aussi sur des sites de stats et m'informe sur la progression des recrues. J'ai même trouvé un site qui s'appelle "HabsTV"pour les accros des Nanaiens. Une section "Canadiens 1-on-1" nous introduit dans l'intimité des joueurs. Certaines questions pertinentes leurs sont posées such as: "who wears too much cologne?" ou bien "quel est le chemin pour conquérir le coeur d'une femme?". Moi j'ai trouvé la réponse à "comment bien perdre mon temps" :) Go Habs Gooooo!

Au fait, pour les fans débiles comme moi, y'a un spécial hockey de l'exquise revue Urbania ce mois-ci.

11.12.08

"Bring down the birds"


Hancock dessine les vitrines sur St-Laurent

8.12.08

"Le piège américain"... piégé!


Saviez-vous que Fabienne Larouche donnait dans le thriller politique? Vous vous foutez bien de ce qu'elle pourrait faire d'autre que le monstre de Virginie, rien que son nom vous horripile? Eh ben, je serai dure ici mais vous avez peut-être raison. Ce qu'elle peut faire au cinéma ne vole pas plus haut que ce pourquoi vous la connaissez déjà et ce, même si elle s'entoure d'une équipe du tonnerre (réalisé par Charles Binamé et interprété par des bonzes du cinéma candien-québécois-français).

L'idée était cependant bonne: retracer la vie de Lucien Rivard (incarné par Remy Girard), ce caïd québécois bien connu aux États-Unis, dans une perspective historique. Le seul problème: l'équipe de production a voulu trop en faire. À force de penser "BIG", on s'est tiré dans le pied. Solide.

Les ramifications
Pendant 1h30, on se casse la tomate afin de comprendre le lien entre Lucien Rivard et les Kennedys. Parce que c'est le parallèle qu'on veut nous présenter. Rivard, trafiquant de drogue et d'armes, aurait trempé dans cette histoire d'assassinat des Kennedys. En plus de suivre le réseau de Rivard, les scénaristes se sont donné pour mandat de refaire la chronologie des années 1960 aux États-Unis - archives et reconstitutions à l'appui. Mais l'histoire des Kennedy est compliquée (et non élucidée, considérant le fait que Lee Harvey Oswald - présumé coupable de l'assassinat de JFK - a été tué par Jack Ruby suite à son arrestation et que toutes sortes d'hypothèses circulent encore au sujet de la mort de JFK), alors de faire le parallèle entre deux histoires aux ramifications complexes est pour le moins ambitieux et c'est ce qui donne un résultat ennuyeux: l'Histoire doit se passer à travers les dialogues! Alourdis par tant d'informations qui doivent nous être transmises, ceux-ci n'avantagent aucunement la crédibilité des personnages. Impossible de s'attacher à Remy Girard, Colm Feore et les autres puisque nous avons affaire à des marionnettes qui débitent des faits, des dates, des moments historiques. En somme, la trame narrative est carrément déficiente et ce, au détriment du jeu des acteurs.

Who's who?
À travers les dialogues, on comprend toutefois que les trafiquants se backstabbent et qu'il n'y a personne sur qui Rivard peut vraiment compter. Mais il faut retenir leurs noms (et leurs têtes!) si l'on veut comprendre quelque chose à cette histoire tissée en toile d'araignée. Et il y en a trop. Rivard, Bishop, Mondoloni, Marcello, Cheramie, Ruby: tous impliqués de près ou de loin avec la mafia. Mais il y a aussi l'Histoire américaine: John F. et Bob Kennedy, Oswald - Ferrie - Shaw (les 3 sont reliés à l'assassinat de JFK), McClellan (avocat dans cette histoire de mafia) et même Hoover! Chez les Cubains, il y a Batista, Fidel, le Che et cette histoire de "Baie des cochons" qui revient comme un traumatisme d'enfance. On nous transporte même en France et en Indonésie. Même si les lieux présentés sont absolument à couper le souffle (très belle job du directeur artistique), à un moment donné, à trop vouloir en mettre en si peu de temps, on tombe dans le piège de l'incompréhension!! Bref dans le thriller politique, on a vu mieux. Décidemment, Fabienne et Charles ont voulu jouer les Oliver Stone mais sans son talent!

Petit bijou au coeur de ce gros film en toc
Je dois quand même donner une mention spéciale à Joe Cobden pour son excellent rôle de Jeffrey Cohen, enquêteur au service de l'Agence des narcotiques ayant hérité du cas Lucien Rivard. Grand connaisseur des réseaux autour de ce caïd, il aurait pêut-être été intéressant de le suivre, lui, afin de comprendre le rôle de Rivard dans la mort des Kennedys. En petit film noir à part de ça, mmmmm, j'avoue que je fantasme.

Et vous, l'avez-vous vu?

p.s. Au fait, si ce sujet vous intéresse, il y a JFK d'Oliver Stone, qui est basé sur le livre de Jim Garrison, 208 minutes - attachez votre tuque! -, sorti en salle en 1991.

6.12.08

C'est Trentemøller l'Artiste.

Coup de coeur musical
D'origine danoise, Anders Trentemøller est un dj mais aussi un compositeur de musique. Il a conquis mon coeur et a fait valser mes veines. Son parcours: Trentemøller débute sa carrière en 1997 aux côtés de Dj T.O.M, mais leur collaboration ne dure pas longtemps puisqu'en 2000, il entame sa carrière solo. Après la parution de nombreux "maxis" (Extended Play - entre le single et l'album - ) sous son nom, c'est en 2006 que Trentemøller sort son premier disque intitulé "Last resort" sous le label minimaliste "Poker Flat". Ça, c'est pour vous situer le mec parce que je dois vous avouer que Trentemøller est une bombe scandinave un point c'est tout.

Hier, bien écrasée dans mon salon avec Phyl et Mic, je réécoutais pour la énième fois sa discographie. C'est là que m'est venue l'envie de le classifier, ce fameux Trentemøller. C'est quoi ton genre bébé, hen? Du minimal-house, ça se peut? Oui mais nah, ce n'est pas que ça. À vrai dire, Trentemøller nage à travers diverses ambiances et c'est ce qui complique la chose lorsqu'on en vient à identifier son genre musical. Parfois dub, house, minimal, new wave, futuriste ou ambiant, ce compositeur se fait un malin plaisir à allier des sons électro (en faisant appel à des "turntablistes"(?!)) et des sons de clavier, guitare, basse et drum. Le résultat est divin. Énergisant. Envoûtant. De quoi masser les dieux après les avoir épuisés.

Mélange de palpitation
Comme j'vous dit, Trentemøller est un type qui fout tout au blender. On s'en rend compte puisqu'il est autant difficile de cerner ses influences que de le comparer à un autre artiste. Je tenterai tout de même le deuxième exercice.
Certaines de ces envolées à la guitare, comme dans "The very last resort" sur le 1er album, rappellent le côté progressif de Calexico. Plus près de chez nous, Trentemoller flirte avec Amon Tobin pour les beats de drum qui sont à certains moments riches et denses mais il ressemble aussi à un DJ Champion pour les guitares électriques pesantes comme sur la track "Vamp". Trentemøller peut aussi se glisser dans le style ambiant un peu cheezy, mais réussi, à la Mushroom Jazz mais avec deux doigts de whisky en plus et une couple d'instru en cuivre.
Au-delà de tout ça, et sans le comparer à personne, ce sont les pistes comme "Killer Cat", "Beta boy" et "Chameleon" qui nous indiquent que toute sa création est fondée sur le house (qu'il soit minimal ou casse la baraque, pardonnez mon manque de termes musicaux!). Que c'est là qu'il maîtrise la matière. La voilà la bombe scandinave. Trentemøller fait exploser les carotides et sauter les jugulaires en plus de donner des coups de 12 sur nos pieds pour qu'on danse comme des poules pas de tête. Éclatons tous ensemble dans la joie ("Physical fraction", EP).

2.12.08

Il risque d'y avoir une fuite

y'a le ciel qui touche les pieds sur le quai de la gare un air froid rend raide comme un bâton de popsicle on croirait la revanche d'une vie sans détours gelée mais transie de tout le cran et tout le front des hommes réunis une vie qui frappe tout au bout il y a une fanfare qui s'est calmée l'anche et l'embouchure debout qui fait ça en sourdine et un train traverse la gare et les gens aussi tout autour des jambes qui passent sous les figures des manteaux verts-jaunes-pourpres des manières infinies de partir devant apparaissent des lulus et une main tendue un chien qui s'attarde mais maître fulmine reviens au plus vite sacrant bâtard tu ferais mieux de déguerpir un poil est tombé sur le soulier vite faudrait pas te faire empailler à côté des romans arlequins y'a une fleur qui attend les cheveux en épis de se faire prendre par des mains moites du bout des doigts une cigarette martelée puis écrabouillée frénétiquement dans le cendrier des yeux qui ne voient pas des mensonges qui se fomentent et le temps se retranche de l'énorme horloge des bagues font le tour des doigts les chaînettes entortillent les cous on se pend de partout et on entend le froid froisser les manteaux et les mains se mettent aux collets tout autour est sourd on veut partir l'anxiété de quitter la gorge coincée l'attente de serrer une joue de foutre une bine sur l'épaule la vie transie de se dire qu'elle est une éponge qui a absorbé le tourbillon

27.11.08

Poubelle


Le mendiant saura, grâce à cet urbain cadran solaire, à quelle heure il dégota une canette de coca.

On se réjouit pour lui.

22.11.08

Cautionné/Condamné


Grande fan du magazine P45, je reprends leur concept d"approuvé/réprouvé". Pourquoi? Parce que ça m'amuse.


Cautionné

1. Nmtl qui fait un show au Café Chaos à Montréal. C'fait changement de Québec.

2. Les clémentines du mois de novembre. On ne se tanne pas. Profitez-en, en décembre, on sera plus capable.

3. Le coeur sur la... table.

4. Les bobettes brésiliennes. C'est sexy et ça met en valeur le galbe des fesses.

5. Les courriers à vélo. Pour les raisons sus-mentionnées.

6. Le bêtisier. Parce qu'on aime les bourdes linguistiques des journalistes.

Condamné

1. Nmtl qui fait un show à Montréal... le soir du party "Vol d'identité au 2183". Merde, je pourrai pas aller trasher avec les métalleux.

2. Les capuchons. C'est cute, mais on entend rien là-dedans.

3. Sega et nintendo dans les tounes électro. À un moment donné, on a envie de sortir de Mario Kart IV.

4. Les amendes salées de la Ville. 169$ pour n'avoir pas déposé son sac de recyclage au bon moment. Calvince.

5. Le livreur de la Presse qui garroche le journal du bas de son char. On se demande c'est quand que notre vitre va casser.

18.11.08

Who are you

Les mots sont au grenier... Y'a qu'une musique à l'étage, un truc qui me demande qui je suis.

p.s. Z'ont fait la première partie de Karkwa au Crapet soleil (à l'Isle aux Coudres) les petits gars de Québec, y'a 2 des ex-membres de Uberko, pour ceux qui connaissaient. La vibe électro n'y est plus mais ils ont toujours un côté énergisant. Vraiment un band qui ira loin.

15.11.08

Ivresse et sornettes sous la couette

Les draps blancs éculés ne seront des drapeaux
que l'on brandit pour trêve ou utopie grivoise

Je promets jure et crache

que je ne dirai rien d'amical ni d'aimant
en ces soirées propices à la sale démesure

Je promets crache et jure

qu'il ne faut t'inquiéter du bruit entre mes bras
sans capitulation oublions la chamade

Je crache jure et promets

de déposer mon coeur sur la table de chevet
à côté des Trojan...........du sang et du foutre

10.11.08

La cancrerie

"Chagrin d'école"

J'avais reçu ce bouquin à Noël l'an dernier. Ma tante Hélène m'avait dit que j'allais adorer. Je l'ai moi-même acheté à mon père pour la même occasion, lui disant qu'il allait surement aimer. On achète ce que l'on veut apparemment ;) Je l'ai placé dans ma bibliothèque, me disant que j'allais le lire plus tard, uste à côté des autres "pas encore lus". Il y a de ces livres que l'on ne doit pas, pour une raison ou une autre, lire tout de suite. À ce moment-là, j'étais plongé dans la psychanalyse jusqu'aux oreilles, Lacan et Kristeva occupaient mes pensées, j'étais un peu tourmentée. J'ai fait une quasi-cure psychanalytique à mesure ou j'analysais la place de la mère chez d'Alfonso (poète montréalo-italien fabuleux). Je n'invente rien: à lire sur les autres, et bien, on lit aussi sur soi. Puis vînt l'été, ou je n'eus guère le temps de me consacrer à des lectures puisque je travaillais comme une dingue et que, quand j'avais du temps, j'allais me dépenser dans quelques contrées éloignées à grimper des montagnes et à descendre des rivières. Il fallut attendre en octobre pour que finalement j'ouvre ce fameux "Chagrin d'école"... quelques jours après avoir retrouvé mes poèmes d'adolescence dans une boîte oubliée chez ma mère. Il était temps que je m'y plonge dans cette adolescence...
Vous avez peut-être déjà lu "La fée carabine" de la saga Malaussène, "Le dictateur et le hamac" ou encore l'essai "Comme un roman". Vous savez alors que Pennac a une imagination débridée, qu'il sait manier l'argot pour en faire de la vraie poésie et que c'est un excellent vulgarisateur. "Chagrin d'école" s'inscrit dans cette veine mais il est plutôt différent, plus senti, plus autobiographique. Dans ce bouquin, Pennac se met en scène et ouvre les vannes sur son passé de cancre. Il est maintenant professeur. L'ancien cancre comprend les difficultés éprouvées par les nouveaux cancres mieux que quiconque puisque les "je n'y arriverai jamais" ont aussi été ses paroles, et qu'il sait ce que c'est de vouloir tout abandonner. Il connaît la psychologie des "mauvais élèves" et il en parle. Professeur de français, il prend le langage en otage pour propulser ses élèves dans la logique. Pour qu'ils mettent en discours ce qu'ils ressentent. Pour que la lumière apparaisse. À ce sens, ce livre pourrait être un essai sur la pédogogie, sur l'instituion scolaire, mais c'est beaucoup plus que ça. Pennac raconte aussi le parcours scolaire par lequel tout gosse doit passer et qui le marquera pour des années. Il parle de son parcours, si difficile à traverser lorsqu'on est cancre. C'est bien là ou les premières blessures se forment et ou l'estime nous abandonne pour aller voir les premiers de classe...
Le quotidien de la cancrerie. Voilà sans doute ce qui m'a touché le plus puisque j'ai eu le même comportement que lui. Naima la cancre. J'en ai remis des copies blanches et fait de petits dessins en guise de réponse à la guerre 14-18!! Comme lui, j'ai pensé que je ne comprendrais jamais rien, que ça ne donnerait rien, que de toute manière, ça ne m'intéressait pas. On se convainc d'être cancre. J'ai aussi bossé pendant des heures afin de me rentrer des notions dans le crâne... pour si peu de résultats. La mémoire qui se barrait dès que j'avais une copie d'examen entre les mains. La démotivation. La résignation. Le recommencement. L'obstination. L'échec.
" - Tu prétendais détester les majuscules. Ah! Terribles sentinelles, les majuscules! Il me semblait qu'elles se dressaient entre les noms propres et moi pour m'en interdire la fréquentation. Tout mot frappé d'une majuscule était voué à l'oubli instantané: villes, fleuves, batailles, héros, traités, poètes, galaxies, théorèmes, interdits de mémoire pour cause de majuscule tétanisante. Halte là, s'exclamait la majuscule, on ne franchit pas la porte de ce nom, il est trop propre, on n'en est pas digne, on est un crétin!" (Pennac, Chagrin d'école)
Mais comme lui, j'ai été sauvé par certains professeurs. Je n'entrerai pas dans les détails mais pour la première fois, on m'estimait malgré les notes médiocres que ma mère tentait de cacher à mon père! Pour lui, ce fût ce professeur de français qui lui fît apprendre autrement en lui demandant d'écrire un roman, sans faute d'orthographe. Il exigeait des chapitres bien rédigés à des dates précises. Ce bon Pennac pris son pied à faire cet exercice alors qu'il avait toujours récolté des zéros en grammaire. Bel exemple de pédagogie. Beau détour pour faire apprendre la matière. Il parlera comme ça, de trois de ces professeurs qui l'ont pris par les trippes plutôt que par la tête.
C'est maintenant à son tour, en tant que prof, de regarder ces cancres dans les yeux et de les amener à voir autrement. "Chagrin d'école" recèle d'exemples à faire sourire et nous amène à revoir les professeurs que nous avons eu. Ce que j'ai fait. J'ai regardé mon petit nombril et je me suis demandé: pourquoi ont-ils échoué avec moi? Pourquoi ne se sont ils pas investis pour me sortir du marasme qui m'habitait alors que je n'avais même pas 20 ans? Parce qu'on ne peut pas rescaper tout les cancres? Parce que ce ne sont pas tout les profs qui sont doués pour cela non plus?, pas tout les profs qui se donnent ce mandat? Ont-ils tort de ne pas le faire? Quel est le rôle des profs, des parents, de l'élève, de l'état? On remet la faute à qui lorsqu'on fait face à un cancre? Pourquoi se la refile-t-on? Et, est-ce que, vraiment, faute il y a? Voilà bien des questions qui sont évoquées dans "Chagrin d'école". Sans offrir de réponses exactes, Pennac a mis ces problématiques sur la table des négos si je peux m'exprimer ainsi
Alors voilà, ce roman se mange en quelques heures, quelques jours si on a moins de temps.
"Chagrin d'école" c'est franchement un bel ode à l'apprentissage et à la curiosité.
Chapeau Pennac, tu mérites ton prix Renaudault!
Allez, je vous file aussi l'adresse url de "chagrin d'école" parce que le site est joli et bien fait: http://www.gallimard.fr/pennac-chagrindecole

6.11.08

Bricoles

Le petit moi élimé
bataille les cheveux
le visage en pinata
l'avenir mascara coulé
dans le béton capricorne

Des ribambelles de papier..............journaux découpés
..........................images tricotées mâchées
..............................................................sont placardés
...au soleil de ses perspectives

Quelques nouvelles
les biscuits chinois les gratte-ciels les légos
la grêle les escargots les souverains circuits
petits gâchis et péchés véniels
s'emboîtent dans sa tête sans ambages

On m'a tendu un baton de bois
pour que de sa binette émane
une odeur de Daishowa

Parmi les gravats j'en suis
à déchirer les pancartes du bonheur
à dérailler les trains qui restent
à rapailler la connerie amoncelée
à faire la une de la Presse

Je trace une ligne entre mes seins
m'ouvre le thorax y trempe un doigt
puis bricole une maison postiche
pour le petit moi qui n'a plus de toit

La campagne

Vincent Marissal est chroniqueur à la Presse. Il couvre souvent l'actualité politique et donc, par le fait même, les élections.
Pour sa petite fille, "On s'en va en campagne", ce n'est pas la perspective de courir après les moutons et de chasser des papillons: ça veut dire qu'elle ne verra pas son papa pendant un bon mois...

Et voulez-vous bien me dire c'est quoi l'idée d'aller là-bas jusqu'au 8 décembre?

27.10.08

La tivi le vendredi soir, ça goale en malade.

Depuis des années, je n'écoute presque plus la télévision. Même que j'ai passé une année sans elle sans faire de sang dans mes selles. Une platine tourne-disque trônait à la place du tube cathodique et les microsillons remplaçaient les cassettes vhs. Ça me plaisait comme ça, d'avoir une pièce consacrée à la musique, et ou l'action était dans nos oreilles plus qu'à portée de vue. Philippe avait mis un temps fou pour placer les haut-parleurs. Si on s'assoyait confortablement dans notre futon, les décibels se dirigaient parfaitement vers nous. De vrais écouteurs sans la sensation désagréablement que quelque chose s'introduit dans nos tympans. Nous relaxions dans la ouate de notre salon.

Quand Philippe a quitté, il a laissé un trou. J'optais plus souvent pour la cuisine que pour m'assoir dans le divan de cuir (ma coloc avait upgradé à ce niveau-là) dirigé vers la télé. Puis une autre coloc est arrivée, nous avons gardé la télé de l'ancienne coloc mais c'était plus une décoration moche qui trônait au-dessus d'un meuble jauni (laissé par un coloc temporaire...!). On y avait mis un paréo dessus. L'action s'était détourné vers le foyer ou nous mettions des buches de chez Esso pour enjoliver nos nuits d'hiver. Les petits joints remplaçaient le confort de la peau d'ours. On s'asseyait par terre sur les coussins récupérés du divan de mon 4ème appart' à Québec (vivement le recyclage!). De dos au tube cathodique. Sans dire qu'on boudait la télé, on ne ressentait pas vraiment le besoin de lui faire face. Ça me plaisait que ma coloc soit sur la même ouate que moi.

Et puis, bien vous connaissez la suite, j'ai déménagé chez Catherine et Pierre-Luc ou la télévison occupe une place importante. Le salon est configuré presque comme chez mes parents. La télévision à la hauteur des yeux, de multiples manettes traînant sur la table en face du divan. On peut y manger, y boire, et y rouler des joints tout en ayant les yeux fixés sur cette machine.

Ça m'a rappelé le temps ou mon père ne pouvait me déraciner de la salle de télé, qu'on appelait "boudoir". Je récitais les pubs et ça l'horripilait. À raison. Reste que j'avais le câble dans ce temps-là; mon père s'était même abonné aux réseaux arabes (il y avait celle d'arabie saoudite ou on n'entendait que parler du roi Fahd et de ses copieuses bouffes, al-jazeera sorte de CNN arabe, et d'autres encore qui me paraissaient dépourvues de budget puisque les images me semblaient vieilles et poussièreuses - bon, c'était peut-être à cause du sable... j'en sais rien). Je pouvais donc sauter d'une chaîne à l'autre et "m'ouvrir à un monde que je ne connaissais pas". J'ai sauté longtemps, sans avoir quelque chose à me mettre sous la dent. Je regardais des images comme on lit distraitement un Elle Québec dans l'attente de voir le dentiste appeler notre nom. Il y avait cependant un poste sur lequel je pouvais tomber et ou il y avait toujours quelqu'un qui parlait sous un décor de bois et de tapis rouge feutré.

L'assemblée nationale.

À première vue, ça nous semble ennuyant, parce que souvent ce l'est, mais lorsqu'on tombe sur des moments forts, ça peut vachement nous faire marrer. C'était Michel Bissonnet qui était président de l'assemblée à l'époque. Un gros monsieur sympathique qui détachait toujours son bouton de veston lorsqu'il se levait (et qui le rattachait une fois assis). Un monsieur vraiment attachant (!). Maintenant, c'est Francois Gendron... c'est moins divertissant mais on a les députés de l'ADQ pour nous rendre ça follllllllllement amusant. Hier, pas à la télé mais sur l'Internet qu'y disent-là, je suis tombée sur le premier discours de Jean-François, qu'on a de suite envie d'appeler Jeff ou Jeffou pour l'occasion. Savez-vous c'est qui? Ben c'est carrément le député sortant de Jean Lesage (amis de Limoilou, vous avez voté pour lui!). Il n'est pas sorti de sa ruelle, il pense encore qu'il peut "scorer" dans "l'goal" de ses adversaires en poussant une "crack" rigolote à ses "chums de gars". L'assemblée nationale, ça se joue entre la 6ème et la 4 rue pis c'est ben l'fun le vendredi soir (eh merde, je viens de lire qu'il a joué au hockey professionnel en Louisiane).

Voici les liens.
Ouuuuuuuuuut!

Honnêtement, passez les premières minutes. Je sais, vous aurez un sentiment "malàlaisant", comme quand on entend une chanteuse faire des fausses notes lors d'un gala mais après, on s'y fait. On a presque envie de le réentendre. C'est en 3 parties. Pauvre de petit, il ne sait pas gérer son temps. On espère que les habitants de Limoilou ont le câble ou enfin, des oreilles de lapin assez puissantes pour écouter l'assemblée nationale.

Next time, je fais du ragoût pour tout le monde et on écoute ça en gang.

p.s. Au fait, Jean-François a aussi été "Participant à des tournées de promotion du français dans des écoles et des organismes communautaires aux États-Unis".
Calvaire, j'pense que je vais m'assire sur ma chaise sinon ma tomber.

10.10.08

Halte, capitaine!

Les bras croisés, proche de Bréboeuf, sur Laurier. L'air d'un capitaine. Le visage osseux. Probablement des années de guerre. Me suis arrêté. Il guettait le coin de la ruelle. Fallait bien lui porter attention à ce captain. Alors avant qu'il n'use de son sifflet, je l'ai moi-même sifflé. Un p'tit air tout doux. Y'avait l'air perplexe. N'a pas bougé d'un poil. Je lui ai dit qu'il me faisait penser aux para-militaires du Mexique, ceux qui se camouflaient dans la jungle pour nous faire badtripper solide sur notre trip de champignons. Je lui ai demandé si son coin de ruelle recelait de trésors cachés. Encore une fois, il était raide comme une brique. Fixait le lointain. J'ai fait: merde, tu m'intrigues! Je voulais vraiment savoir la raison de sa présence, l'équation du 2 + 2. Il m'aidait pas avec son air stoïque, fallait que je trouve tout toute seule. Pas juste. J'ai donc suivi son regard. Y'avait une dame assise sur sa terrasse au premier étage. Timidement, je me suis approchée. Elle brodait des cartes de souhaits. Celles qui étaient terminées volaient au vent sur une corde à linge. J'ai pris la plus belle ou y étaient brodées des spirales de papier. J'ai sorti mon crayon de bois et j'ai griffonné: "Quelqu'un vous a à l'oeil. Vous êtes chanceuse." Je lui ai redonné la carte avec le dernier cinq piasses chiffonné au fond de ma poche. Quand je suis partie, j'ai fait un clin d'oeil au capitaine.

Bien entendu, il a fait semblant de ne pas m'avoir vu.




le captain blasté

9.10.08

Plissage de front et autres moues

Saviez-vous que j'avais des millions investis dans la bourse? Je sais, je sais, j'ai l'air tout à fait modeste comme ça, prétendant parfois que je-n'ai-pas-une-caliss-de-cenne-maudit-joualvère ou qu'il ne me reste que le prix d'une piquette, mais ce n'est que mensonges (et basse fumisterie ajouterait Jac) . En réalité, j'ai tout plein d'argent, fictif certes, dans la mesure ou j'ai tout investi dans les banques et que présentement elles n'ont plus de fonds, mais j'ai plein de papiers qui certifient les nombreuses actions que j'ai alors eh, hen. Tous jaloux, je le sais.

Ha-hem. Les camarades qui travaillent pour moi, mes dollars, ma grosse maison sur Willowdale, les petits enfants qui me préparent le déjeuner au lit, l'industrie du vison car j'adorrrrrrre le vison et pour les autres actionnaires aussi "frugales" que moi, ces braves courtiers dis-je, qui triment dur sur les planches de la bourse de New York jusqu'à New Delhi s'évertuent à rescaper ce qu'ils peuvent, à user d'imagination dans les périodes si dures comme celle que nous vivons. Mais parfois, malgré l'énergie qu'ils y mettent, ils n'y arrivent pas et là, c'est la totale, ils krashent. Aujourd'hui, j'ai eu une pensée pour eux...

(les commentaires en-dessous sont un peu débiles mais parfois marrants et certaines photos sont tout simplement délicieuses.)

8.10.08

Faut ben avoir une raison

Ha-hem. Alors vous voici dans mon nouveau blog! Parce qu'y faut ben avoir une raison ou un but d'exister, je vous dévoile donc mes intentions.

Je vous ferai part
De ce que j'ai vu qui m'a fait ouvrir la bouche (ben là, je suis bouche bée desfois).
De ce que j'ai lu qui a fait sonner des petites cloches dans ma tête.
De ce que j'ai touché comme le million et la poche de ton grand-père.
De ce qui a fait bouger mes articulations.

Et d'autres choses qui pourrait s'apparenter à de la création.

Maintenant que c'est dit, vous trouverez mon premier post à la suite de celui-ci (trop logique la fille, merde!).

À Ottawa, on avale!

Eh bien, Harper vient de sortir sa nouvelle plate-forme électorale. 8.6 milliards en 4 ans. Rien de nouveau sous le soleil (et le froid) du Canada.
Sauf peut-être les 800 millions de plus pour financer les contributions remboursables de l'initiative stratégique pour l'aérospatiale et la défense et le même montant est attribué au fond de l'innovation pour le secteur de l'automobile.
Rien à faire mouiller une fille comme moi.
Sauf que!
Harper a annoncé le retrait du projet de loi C-10. Vous savez, le projet de loi qui avait fait tant jaser dans le milieu du cinéma et de la télévision! On s'était dit que si Ottawa pouvait bloquer (ou retirer le droit aux crédits d'impôts) des projets qui étaient "contraires à l'ordre public", cela relevait de la censure. Le film "Young people fucking" a été au centre de cette polémique puisque l'assistante du député conservateur Gary Goodyear a été congédié suite à l'achat d'un billet pour l'avant-première de ce film au nom du député (sans sa permission).
La loi interdit le financement de film pronographiques mais pour ceux qui l'ont vu, "young people fucking" est loin d'être pornographique. Certes, il traite de la sexualité et de ses modulations dans nos vies, de la même manière que pourrait le faire le film "shortbus" mais ce n'est pas un outrage aux moeurs! On baise. On mange et on pisse. La vie, quoi. Bref, la polémique tournait autour du titre du film puisque personne n'en avait encore vu son contenu. Plusieurs conservateurs ont refusé d'aller le voir. Fucking: trop lourd de sens. Qu'en est-il de "whore" ou de "vagina"?

La loi C-10 était une loi parentale.

Oh mon père, comme j'ai pèché! En fait, on se demandait s'il y avait des mots à éviter si l'on voulait recevoir des crédits d'impôts? Ottawa a peut-être compris que ce serait vachement compliqué de justifier ses choix s'ils étaient basé sur la nature de certains mots.
Et puis, à la veille des élections, papa s'est dit que son fils pouvait vivre de ses propres ailes. Ou enfin, s'est-il senti obligé de le laisser partir vivre sa fucking vie.

Il a avalé le moton.