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6.11.08

La campagne

Vincent Marissal est chroniqueur à la Presse. Il couvre souvent l'actualité politique et donc, par le fait même, les élections.
Pour sa petite fille, "On s'en va en campagne", ce n'est pas la perspective de courir après les moutons et de chasser des papillons: ça veut dire qu'elle ne verra pas son papa pendant un bon mois...

Et voulez-vous bien me dire c'est quoi l'idée d'aller là-bas jusqu'au 8 décembre?

27.10.08

La tivi le vendredi soir, ça goale en malade.

Depuis des années, je n'écoute presque plus la télévision. Même que j'ai passé une année sans elle sans faire de sang dans mes selles. Une platine tourne-disque trônait à la place du tube cathodique et les microsillons remplaçaient les cassettes vhs. Ça me plaisait comme ça, d'avoir une pièce consacrée à la musique, et ou l'action était dans nos oreilles plus qu'à portée de vue. Philippe avait mis un temps fou pour placer les haut-parleurs. Si on s'assoyait confortablement dans notre futon, les décibels se dirigaient parfaitement vers nous. De vrais écouteurs sans la sensation désagréablement que quelque chose s'introduit dans nos tympans. Nous relaxions dans la ouate de notre salon.

Quand Philippe a quitté, il a laissé un trou. J'optais plus souvent pour la cuisine que pour m'assoir dans le divan de cuir (ma coloc avait upgradé à ce niveau-là) dirigé vers la télé. Puis une autre coloc est arrivée, nous avons gardé la télé de l'ancienne coloc mais c'était plus une décoration moche qui trônait au-dessus d'un meuble jauni (laissé par un coloc temporaire...!). On y avait mis un paréo dessus. L'action s'était détourné vers le foyer ou nous mettions des buches de chez Esso pour enjoliver nos nuits d'hiver. Les petits joints remplaçaient le confort de la peau d'ours. On s'asseyait par terre sur les coussins récupérés du divan de mon 4ème appart' à Québec (vivement le recyclage!). De dos au tube cathodique. Sans dire qu'on boudait la télé, on ne ressentait pas vraiment le besoin de lui faire face. Ça me plaisait que ma coloc soit sur la même ouate que moi.

Et puis, bien vous connaissez la suite, j'ai déménagé chez Catherine et Pierre-Luc ou la télévison occupe une place importante. Le salon est configuré presque comme chez mes parents. La télévision à la hauteur des yeux, de multiples manettes traînant sur la table en face du divan. On peut y manger, y boire, et y rouler des joints tout en ayant les yeux fixés sur cette machine.

Ça m'a rappelé le temps ou mon père ne pouvait me déraciner de la salle de télé, qu'on appelait "boudoir". Je récitais les pubs et ça l'horripilait. À raison. Reste que j'avais le câble dans ce temps-là; mon père s'était même abonné aux réseaux arabes (il y avait celle d'arabie saoudite ou on n'entendait que parler du roi Fahd et de ses copieuses bouffes, al-jazeera sorte de CNN arabe, et d'autres encore qui me paraissaient dépourvues de budget puisque les images me semblaient vieilles et poussièreuses - bon, c'était peut-être à cause du sable... j'en sais rien). Je pouvais donc sauter d'une chaîne à l'autre et "m'ouvrir à un monde que je ne connaissais pas". J'ai sauté longtemps, sans avoir quelque chose à me mettre sous la dent. Je regardais des images comme on lit distraitement un Elle Québec dans l'attente de voir le dentiste appeler notre nom. Il y avait cependant un poste sur lequel je pouvais tomber et ou il y avait toujours quelqu'un qui parlait sous un décor de bois et de tapis rouge feutré.

L'assemblée nationale.

À première vue, ça nous semble ennuyant, parce que souvent ce l'est, mais lorsqu'on tombe sur des moments forts, ça peut vachement nous faire marrer. C'était Michel Bissonnet qui était président de l'assemblée à l'époque. Un gros monsieur sympathique qui détachait toujours son bouton de veston lorsqu'il se levait (et qui le rattachait une fois assis). Un monsieur vraiment attachant (!). Maintenant, c'est Francois Gendron... c'est moins divertissant mais on a les députés de l'ADQ pour nous rendre ça follllllllllement amusant. Hier, pas à la télé mais sur l'Internet qu'y disent-là, je suis tombée sur le premier discours de Jean-François, qu'on a de suite envie d'appeler Jeff ou Jeffou pour l'occasion. Savez-vous c'est qui? Ben c'est carrément le député sortant de Jean Lesage (amis de Limoilou, vous avez voté pour lui!). Il n'est pas sorti de sa ruelle, il pense encore qu'il peut "scorer" dans "l'goal" de ses adversaires en poussant une "crack" rigolote à ses "chums de gars". L'assemblée nationale, ça se joue entre la 6ème et la 4 rue pis c'est ben l'fun le vendredi soir (eh merde, je viens de lire qu'il a joué au hockey professionnel en Louisiane).

Voici les liens.
Ouuuuuuuuuut!

Honnêtement, passez les premières minutes. Je sais, vous aurez un sentiment "malàlaisant", comme quand on entend une chanteuse faire des fausses notes lors d'un gala mais après, on s'y fait. On a presque envie de le réentendre. C'est en 3 parties. Pauvre de petit, il ne sait pas gérer son temps. On espère que les habitants de Limoilou ont le câble ou enfin, des oreilles de lapin assez puissantes pour écouter l'assemblée nationale.

Next time, je fais du ragoût pour tout le monde et on écoute ça en gang.

p.s. Au fait, Jean-François a aussi été "Participant à des tournées de promotion du français dans des écoles et des organismes communautaires aux États-Unis".
Calvaire, j'pense que je vais m'assire sur ma chaise sinon ma tomber.

9.10.08

Plissage de front et autres moues

Saviez-vous que j'avais des millions investis dans la bourse? Je sais, je sais, j'ai l'air tout à fait modeste comme ça, prétendant parfois que je-n'ai-pas-une-caliss-de-cenne-maudit-joualvère ou qu'il ne me reste que le prix d'une piquette, mais ce n'est que mensonges (et basse fumisterie ajouterait Jac) . En réalité, j'ai tout plein d'argent, fictif certes, dans la mesure ou j'ai tout investi dans les banques et que présentement elles n'ont plus de fonds, mais j'ai plein de papiers qui certifient les nombreuses actions que j'ai alors eh, hen. Tous jaloux, je le sais.

Ha-hem. Les camarades qui travaillent pour moi, mes dollars, ma grosse maison sur Willowdale, les petits enfants qui me préparent le déjeuner au lit, l'industrie du vison car j'adorrrrrrre le vison et pour les autres actionnaires aussi "frugales" que moi, ces braves courtiers dis-je, qui triment dur sur les planches de la bourse de New York jusqu'à New Delhi s'évertuent à rescaper ce qu'ils peuvent, à user d'imagination dans les périodes si dures comme celle que nous vivons. Mais parfois, malgré l'énergie qu'ils y mettent, ils n'y arrivent pas et là, c'est la totale, ils krashent. Aujourd'hui, j'ai eu une pensée pour eux...

(les commentaires en-dessous sont un peu débiles mais parfois marrants et certaines photos sont tout simplement délicieuses.)

8.10.08

À Ottawa, on avale!

Eh bien, Harper vient de sortir sa nouvelle plate-forme électorale. 8.6 milliards en 4 ans. Rien de nouveau sous le soleil (et le froid) du Canada.
Sauf peut-être les 800 millions de plus pour financer les contributions remboursables de l'initiative stratégique pour l'aérospatiale et la défense et le même montant est attribué au fond de l'innovation pour le secteur de l'automobile.
Rien à faire mouiller une fille comme moi.
Sauf que!
Harper a annoncé le retrait du projet de loi C-10. Vous savez, le projet de loi qui avait fait tant jaser dans le milieu du cinéma et de la télévision! On s'était dit que si Ottawa pouvait bloquer (ou retirer le droit aux crédits d'impôts) des projets qui étaient "contraires à l'ordre public", cela relevait de la censure. Le film "Young people fucking" a été au centre de cette polémique puisque l'assistante du député conservateur Gary Goodyear a été congédié suite à l'achat d'un billet pour l'avant-première de ce film au nom du député (sans sa permission).
La loi interdit le financement de film pronographiques mais pour ceux qui l'ont vu, "young people fucking" est loin d'être pornographique. Certes, il traite de la sexualité et de ses modulations dans nos vies, de la même manière que pourrait le faire le film "shortbus" mais ce n'est pas un outrage aux moeurs! On baise. On mange et on pisse. La vie, quoi. Bref, la polémique tournait autour du titre du film puisque personne n'en avait encore vu son contenu. Plusieurs conservateurs ont refusé d'aller le voir. Fucking: trop lourd de sens. Qu'en est-il de "whore" ou de "vagina"?

La loi C-10 était une loi parentale.

Oh mon père, comme j'ai pèché! En fait, on se demandait s'il y avait des mots à éviter si l'on voulait recevoir des crédits d'impôts? Ottawa a peut-être compris que ce serait vachement compliqué de justifier ses choix s'ils étaient basé sur la nature de certains mots.
Et puis, à la veille des élections, papa s'est dit que son fils pouvait vivre de ses propres ailes. Ou enfin, s'est-il senti obligé de le laisser partir vivre sa fucking vie.

Il a avalé le moton.