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12.12.10

Oh! Les malotrus!

Les commentateurs de sport. C'est beau les boys en dehors des ondes!

Michel Bergeron a eu ben du fun dans une roulotte à Vancouver.
François Gagnon est au bord de la faillite.
Pis en passant, du K-Y c'est du lubrifiant.

On les pensait vulgaires et grossiers. Youppi! Ils le sont :)

Ça sacre, ça parle et de K-Y à l'Antichambre (RDS) from hockey11hockey11 on Vimeo.

7.12.10

Malaise littéraire

J'aime la poésie.
J'aime Xavier Dolan.
J'aime Odile Tremblay (chroniqueuse au Devoir).
J'aime le kétaine.
J'aime le Mont-Royal.

Mais tout ça ensemble, issssh, pas sûre.

C'est carrément malaisant de voir Odile boire les paroles de Xavier en clignant des yeux comme une cocotte de 20 ans et de la voir conquise et soumise s'accoter la tête sur son épaule. Tellement pas sérieux de les voir se balader main dans la main en récitant des vers! Ou poser en rockstar dans un cimetière!
Damn, je ne rêve pas!
Et c'est fait par l'ONF...

5.2.09

Sang noir sur écran


Je n'ai pas peur des foules. Pas peur de sauter dans le vide. Ni de faire du pouce. Pas peur non plus des Hells, des Rock, des Rouges, des polices du Guatemala armés jusqu'aux dents. Non, vraiment, je n'ai pas peur de tout cela. Mais ce dont j'ai peur, c'est de la gratuité.
Peur du caractère random d'un acte violent.

Le 6 décembre 1989, j'aurais eu peur mais j'étais trop jeune. Vous savez, le jour ou Marc Lépine a décidé d'en finir avec les féministes. D'en finir avec sa vie aussi. La jour ou il y a eu 15 vies de perdues, gratuitement enlevées. Et dans un établissement d'enseignement: à la Polytechnique de Montréal. Un véritable carnage.
Vous vous rappelez peut-être mieux de Columbine (1999), W. R. Myers - Alberta (1999), Dawson (2006), Virginia Tech (2007)? Comment vous êtes-vous senti mes chers étudiants? Moi, ça m'a plongé dans la totale incompréhension. Et ça m'a foutu les jetons.

À ce sujet, je suis allée voir la première du film "Polytechnique" de Denis Villeneuve (Maëlstrom) au cinéma l'Impérial - qui est absolument magnifique soit dit en passant -. J'aimerais bien faire une critique détaillée de ce film, mais mon point de vue ne serait pas objectif parce que l'histoire s'est réellement déroulée et que c'est trop proche de moi pour que mes perspectives ne soient pas brouillées. Je ne ferai qu'un synopsis.

Les évènements sont racontés sous trois points de vue: celui du tireur -qu'on ne nommera jamais- (Maxim Gaudette), celui d'une étudiante survivante à jamais marquée par la violence de cette tuerie (Karine Vanasse) et celui d'un étudiant qui tenta d'aider les victimes lors de la tuerie (Sébastien Huberdeau). Le directeur photo, Pierre Gill (Eldorado, Maurice Richard), a su rester sobre en choisissant de présenter le film en noir et blanc. Idem au niveau de la musique: Benoît Charest (Triplettes de Belleville) a opté pour une ambiance austère et respecteuse. On a aussi économisé sur le texte du scénario.
Peut-être que plutôt qu'expliquer, on voulait exorciser les évènements tragiques. Point.

Pour ceux qui n'ont pas aimé Elephant de Gus Van Sant, ne vous inquiétez pas, même si c'est au sujet d'une tuerie, Polytechnique trouve sa propre voix pour parler de ces évènements tragiques. Ce n'est pas un ersatz de quoi que ce soit. Dieu merci.

En salles à partir de demain.

8.12.08

"Le piège américain"... piégé!


Saviez-vous que Fabienne Larouche donnait dans le thriller politique? Vous vous foutez bien de ce qu'elle pourrait faire d'autre que le monstre de Virginie, rien que son nom vous horripile? Eh ben, je serai dure ici mais vous avez peut-être raison. Ce qu'elle peut faire au cinéma ne vole pas plus haut que ce pourquoi vous la connaissez déjà et ce, même si elle s'entoure d'une équipe du tonnerre (réalisé par Charles Binamé et interprété par des bonzes du cinéma candien-québécois-français).

L'idée était cependant bonne: retracer la vie de Lucien Rivard (incarné par Remy Girard), ce caïd québécois bien connu aux États-Unis, dans une perspective historique. Le seul problème: l'équipe de production a voulu trop en faire. À force de penser "BIG", on s'est tiré dans le pied. Solide.

Les ramifications
Pendant 1h30, on se casse la tomate afin de comprendre le lien entre Lucien Rivard et les Kennedys. Parce que c'est le parallèle qu'on veut nous présenter. Rivard, trafiquant de drogue et d'armes, aurait trempé dans cette histoire d'assassinat des Kennedys. En plus de suivre le réseau de Rivard, les scénaristes se sont donné pour mandat de refaire la chronologie des années 1960 aux États-Unis - archives et reconstitutions à l'appui. Mais l'histoire des Kennedy est compliquée (et non élucidée, considérant le fait que Lee Harvey Oswald - présumé coupable de l'assassinat de JFK - a été tué par Jack Ruby suite à son arrestation et que toutes sortes d'hypothèses circulent encore au sujet de la mort de JFK), alors de faire le parallèle entre deux histoires aux ramifications complexes est pour le moins ambitieux et c'est ce qui donne un résultat ennuyeux: l'Histoire doit se passer à travers les dialogues! Alourdis par tant d'informations qui doivent nous être transmises, ceux-ci n'avantagent aucunement la crédibilité des personnages. Impossible de s'attacher à Remy Girard, Colm Feore et les autres puisque nous avons affaire à des marionnettes qui débitent des faits, des dates, des moments historiques. En somme, la trame narrative est carrément déficiente et ce, au détriment du jeu des acteurs.

Who's who?
À travers les dialogues, on comprend toutefois que les trafiquants se backstabbent et qu'il n'y a personne sur qui Rivard peut vraiment compter. Mais il faut retenir leurs noms (et leurs têtes!) si l'on veut comprendre quelque chose à cette histoire tissée en toile d'araignée. Et il y en a trop. Rivard, Bishop, Mondoloni, Marcello, Cheramie, Ruby: tous impliqués de près ou de loin avec la mafia. Mais il y a aussi l'Histoire américaine: John F. et Bob Kennedy, Oswald - Ferrie - Shaw (les 3 sont reliés à l'assassinat de JFK), McClellan (avocat dans cette histoire de mafia) et même Hoover! Chez les Cubains, il y a Batista, Fidel, le Che et cette histoire de "Baie des cochons" qui revient comme un traumatisme d'enfance. On nous transporte même en France et en Indonésie. Même si les lieux présentés sont absolument à couper le souffle (très belle job du directeur artistique), à un moment donné, à trop vouloir en mettre en si peu de temps, on tombe dans le piège de l'incompréhension!! Bref dans le thriller politique, on a vu mieux. Décidemment, Fabienne et Charles ont voulu jouer les Oliver Stone mais sans son talent!

Petit bijou au coeur de ce gros film en toc
Je dois quand même donner une mention spéciale à Joe Cobden pour son excellent rôle de Jeffrey Cohen, enquêteur au service de l'Agence des narcotiques ayant hérité du cas Lucien Rivard. Grand connaisseur des réseaux autour de ce caïd, il aurait pêut-être été intéressant de le suivre, lui, afin de comprendre le rôle de Rivard dans la mort des Kennedys. En petit film noir à part de ça, mmmmm, j'avoue que je fantasme.

Et vous, l'avez-vous vu?

p.s. Au fait, si ce sujet vous intéresse, il y a JFK d'Oliver Stone, qui est basé sur le livre de Jim Garrison, 208 minutes - attachez votre tuque! -, sorti en salle en 1991.