6.11.08
Bricoles
bataille les cheveux
le visage en pinata
l'avenir mascara coulé
dans le béton capricorne
Des ribambelles de papier..............journaux découpés
..........................images tricotées mâchées
..............................................................sont placardés
...au soleil de ses perspectives
Quelques nouvelles
les biscuits chinois les gratte-ciels les légos
la grêle les escargots les souverains circuits
petits gâchis et péchés véniels
s'emboîtent dans sa tête sans ambages
On m'a tendu un baton de bois
pour que de sa binette émane
une odeur de Daishowa
Parmi les gravats j'en suis
à déchirer les pancartes du bonheur
à dérailler les trains qui restent
à rapailler la connerie amoncelée
à faire la une de la Presse
Je trace une ligne entre mes seins
m'ouvre le thorax y trempe un doigt
puis bricole une maison postiche
pour le petit moi qui n'a plus de toit
La campagne
Pour sa petite fille, "On s'en va en campagne", ce n'est pas la perspective de courir après les moutons et de chasser des papillons: ça veut dire qu'elle ne verra pas son papa pendant un bon mois...
Et voulez-vous bien me dire c'est quoi l'idée d'aller là-bas jusqu'au 8 décembre?
27.10.08
La tivi le vendredi soir, ça goale en malade.

p.s. Au fait, Jean-François a aussi été "Participant à des tournées de promotion du français dans des écoles et des organismes communautaires aux États-Unis".
10.10.08
Halte, capitaine!
Les bras croisés, proche de Bréboeuf, sur Laurier. L'air d'un capitaine. Le visage osseux. Probablement des années de guerre. Me suis arrêté. Il guettait le coin de la ruelle. Fallait bien lui porter attention à ce captain. Alors avant qu'il n'use de son sifflet, je l'ai moi-même sifflé. Un p'tit air tout doux. Y'avait l'air perplexe. N'a pas bougé d'un poil. Je lui ai dit qu'il me faisait penser aux para-militaires du Mexique, ceux qui se camouflaient dans la jungle pour nous faire badtripper solide sur notre trip de champignons. Je lui ai demandé si son coin de ruelle recelait de trésors cachés. Encore une fois, il était raide comme une brique. Fixait le lointain. J'ai fait: merde, tu m'intrigues! Je voulais vraiment savoir la raison de sa présence, l'équation du 2 + 2. Il m'aidait pas avec son air stoïque, fallait que je trouve tout toute seule. Pas juste. J'ai donc suivi son regard. Y'avait une dame assise sur sa terrasse au premier étage. Timidement, je me suis approchée. Elle brodait des cartes de souhaits. Celles qui étaient terminées volaient au vent sur une corde à linge. J'ai pris la plus belle ou y étaient brodées des spirales de papier. J'ai sorti mon crayon de bois et j'ai griffonné: "Quelqu'un vous a à l'oeil. Vous êtes chanceuse." Je lui ai redonné la carte avec le dernier cinq piasses chiffonné au fond de ma poche. Quand je suis partie, j'ai fait un clin d'oeil au capitaine.
Bien entendu, il a fait semblant de ne pas m'avoir vu.
le captain blasté
9.10.08
Plissage de front et autres moues
Ha-hem. Les camarades qui travaillent pour moi, mes dollars, ma grosse maison sur Willowdale, les petits enfants qui me préparent le déjeuner au lit, l'industrie du vison car j'adorrrrrrre le vison et pour les autres actionnaires aussi "frugales" que moi, ces braves courtiers dis-je, qui triment dur sur les planches de la bourse de New York jusqu'à New Delhi s'évertuent à rescaper ce qu'ils peuvent, à user d'imagination dans les périodes si dures comme celle que nous vivons. Mais parfois, malgré l'énergie qu'ils y mettent, ils n'y arrivent pas et là, c'est la totale, ils krashent. Aujourd'hui, j'ai eu une pensée pour eux...
(les commentaires en-dessous sont un peu débiles mais parfois marrants et certaines photos sont tout simplement délicieuses.)
8.10.08
Faut ben avoir une raison
Je vous ferai part
De ce que j'ai vu qui m'a fait ouvrir la bouche (ben là, je suis bouche bée desfois).
De ce que j'ai lu qui a fait sonner des petites cloches dans ma tête.
De ce que j'ai touché comme le million et la poche de ton grand-père.
De ce qui a fait bouger mes articulations.
Et d'autres choses qui pourrait s'apparenter à de la création.
Maintenant que c'est dit, vous trouverez mon premier post à la suite de celui-ci (trop logique la fille, merde!).
À Ottawa, on avale!
Sauf peut-être les 800 millions de plus pour financer les contributions remboursables de l'initiative stratégique pour l'aérospatiale et la défense et le même montant est attribué au fond de l'innovation pour le secteur de l'automobile.
Rien à faire mouiller une fille comme moi.
Sauf que!
Harper a annoncé le retrait du projet de loi C-10. Vous savez, le projet de loi qui avait fait tant jaser dans le milieu du cinéma et de la télévision! On s'était dit que si Ottawa pouvait bloquer (ou retirer le droit aux crédits d'impôts) des projets qui étaient "contraires à l'ordre public", cela relevait de la censure. Le film "Young people fucking" a été au centre de cette polémique puisque l'assistante du député conservateur Gary Goodyear a été congédié suite à l'achat d'un billet pour l'avant-première de ce film au nom du député (sans sa permission).
La loi interdit le financement de film pronographiques mais pour ceux qui l'ont vu, "young people fucking" est loin d'être pornographique. Certes, il traite de la sexualité et de ses modulations dans nos vies, de la même manière que pourrait le faire le film "shortbus" mais ce n'est pas un outrage aux moeurs! On baise. On mange et on pisse. La vie, quoi. Bref, la polémique tournait autour du titre du film puisque personne n'en avait encore vu son contenu. Plusieurs conservateurs ont refusé d'aller le voir. Fucking: trop lourd de sens. Qu'en est-il de "whore" ou de "vagina"?
La loi C-10 était une loi parentale.
Oh mon père, comme j'ai pèché! En fait, on se demandait s'il y avait des mots à éviter si l'on voulait recevoir des crédits d'impôts? Ottawa a peut-être compris que ce serait vachement compliqué de justifier ses choix s'ils étaient basé sur la nature de certains mots.
Et puis, à la veille des élections, papa s'est dit que son fils pouvait vivre de ses propres ailes. Ou enfin, s'est-il senti obligé de le laisser partir vivre sa fucking vie.
Il a avalé le moton.